Aujourd’hui 15 janvier 2026, nous répondons présent-es à l’appel d’une journée d’action européenne pour le transfert immédiat de Maja vers l’Allemagne et la libération de toustes les antifascistes accusé-es.
Le verdict concernant Maja sera finalement rendu le 4 février prochain par le parquet de Budapest, et non plus le 22 janvier, comme annoncé initialement.
Arrêté-e à Berlin en décembre 2023 sur la base d’un mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie, iel y a été transféré-e dans la nuit du 28 juin 2024 par la SoKo LinX (commission spéciale de la police criminelle de Saxe créée en 2019 pour réprimer »l’extrémisme de gauche »), en secret et sans décision de justice.
Cette extradition a été suspendue quelques heures après et jugée plus tard illégale par la Cour constitutionnelle fédérale allemande, alors que Maja se trouvait déjà en Hongrie, « un pays où [iel] n’existe pas en tant que personne non binaire, en tant que Maja, (…) accusé-e par un État européen parce que (…) antifasciste ». Iel y risque actuellement 24 ans de prison, après avoir refusé la soi-disante « offre » d’une peine de 14 ans contre un aveu de culpabilité.
Cela fait désormais plus de 530 jours que Maja est retenu-e dans des conditions de détention inhumaines et considérées comme de la torture : isolement pendant 6 mois, à peine une heure de contact humain par jour, visites de proches et avocat à travers une vitre, cellule vidéosurveillé et lumière allumée toutes les heures y compris de nuit… S’ajoutent à cela les fouilles à nu-e, l’accès quasi-inexistant à la lumière du jour, les cafards, les punaises de lit, etc. C’est pour protester contre ces conditions de détention et être transféré-e en Allemagne qu’iel a fait une grève de la faim de 40 jours cet été. Cette grève de la faim serait d’ailleurs retenue contre elle et considérée par les autorités hongroises comme une preuve qu’iel ne reconnaît pas le tribunal.
La répression de Maja témoigne de l’accélération de la fascisation en cours, qui se traduit entre autres par la multiplication des attaques contre l’antifascisme et les antifascistes.
Parmi elles, la volonté d’isoler les militant-es antifascistes, en brisant les solidarités interpersonnelles et matérielles, se manifeste notamment par le refus d’autoriser (sans aucune justification) l’accès de proches de Maja à son procès ou le gel des comptes bancaires de la Rote Hilfe (Secours rouge allemand), de l’Anarchist Black Cross et de cagnottes de solidarités aux inculpé-es de l’affaire « Antifa Ost ».
De même, le recours à la requalification en terrorisme par plusieurs gouvernements de groupes antifascistes (réels ou fictionnels, comme le soi-disant groupe « Antifa Ost » par les gouvernements de Trump et Orbán) vise à affaiblir les solidarités internationalistes.
Alors que la répression se veut spectaculaire autant que meutrière, ces solidarités sont vitales.
Si nos pensées vont en ce jour à Maja, elles vont aussi à Hana, condamnée à 5 ans de détention en Allemagne en septembre 2025, à Johann, Paul, Henry, Tobias, Thomas, Melissa et Julian dont le procès s’est ouvert en novembre 2025 à Dresde, à Clara, Emmi, Paula, Nele, Moritz et Paula dont le procès a débuté à Düsseldorf ce 13 janvier, mais aussi et à toustes les prisonnières et victimes des enfermements carcéraux et psychiatriques.



